Créer une application pour son entreprise en Suisse, étape par étape
De l'idée à la publication sur l'App Store et Google Play : ce qu'il faut décider à chaque étape, avec les délais et les budgets du marché suisse.
Sommaire
La réponse courte
Créer l’application d’une entreprise se fait en six étapes : vérifier qu’une application est la bonne réponse, décrire ce qu’elle doit faire, dessiner tous ses écrans, choisir la technique, la développer et la publier, puis la faire vivre.
Chez les studios suisses qui publient leurs chiffres, une première version coûte de 10 000 à 50 000 CHF et demande de deux à six mois. L’entretien représente ensuite 5 à 20 % du coût de départ chaque année. Le détail, studio par studio : combien coûte une application mobile en Suisse en 2026.
Les trois premières étapes ne demandent aucune ligne de code. Ce sont pourtant elles qui fixent le budget.
1. Vérifier qu’il vous faut une application
Trois outils répondent à trois besoins :
- un site internet, pour être trouvé et présenter votre offre. Un visiteur qui passe une fois par an n’installera rien ;
- une application web installable, qui s’ouvre depuis le navigateur et s’ajoute à l’écran d’accueil, sans passer par les stores. Sur iPhone, elle peut envoyer des notifications depuis iOS 16.4 (WebKit), et son prix est souvent trois à cinq fois plus bas que celui d’une application mobile équivalente ;
- une application mobile, publiée sur l’App Store et Google Play.
L’application mobile se justifie quand l’une de ces conditions est remplie :
- vos clients ou vos équipes reviennent chaque semaine : commander, réserver, suivre une livraison, remplir un rapport ;
- elle a besoin du téléphone lui-même : appareil photo, position, Bluetooth, travail hors connexion ;
- le service repose sur les notifications : rappel de rendez-vous, commande prête, tournée modifiée ;
- vos clients vous cherchent dans les stores.
Pour un outil réservé à vos équipes, l’application peut être distribuée en privé, sans apparaître dans les stores.
2. Décrire ce qu’elle doit faire
Une page suffit, si elle répond à cinq questions :
- Les tâches principales, une phrase chacune : « commander un plat et payer par TWINT », « réserver un créneau et recevoir un rappel », « photographier un chantier et envoyer le rapport signé ».
- Les utilisateurs et leurs rôles : client, employé, administrateur. Chaque rôle ajoute des écrans.
- Les liens avec vos outils : agenda, caisse, logiciel de gestion, paiement. Une intégration complexe demande de trois à huit jours de travail, selon les studios suisses.
- Les langues : en Suisse, souvent deux ou trois. Chaque langue ajoute des textes à écrire, à traduire et à tester sur chaque écran.
- Les données personnelles que l’application traite, et le pays où elles seront hébergées. Elles relèvent de la nouvelle loi sur la protection des données (nLPD), en vigueur depuis le 1er septembre 2023.
Tranchez ensuite ce qui entre dans la première version : ce qui sert la tâche principale. Le reste attendra que de vrais utilisateurs disent ce qui leur manque. Le périmètre peut multiplier le budget par cinq à huit : c’est la décision qui pèse le plus sur le prix.
3. Dessiner tous les écrans avant le code
La maquette montre chaque écran et le parcours qui les relie, sur un prototype qu’on parcourt du doigt sur un téléphone. Déplacer un bouton sur une maquette prend quelques minutes. Une fois l’écran développé, il faut reprendre le code, puis tout tester à nouveau.
- Faites-la essayer à trois ou quatre futurs utilisateurs, sans les guider : là où ils hésitent, l’écran est à revoir.
- Faites-en la base du devis : le prix couvre les écrans dessinés, un par un. Deux devis établis sur la même maquette se comparent enfin.
Le design pèse de 15 à 20 % du budget, selon les studios suisses.
4. Choisir la technique
- Multiplateforme (React Native, Flutter) : une seule base de code pour l’iPhone et Android, de 30 à 50 % moins chère que deux applications natives selon les studios. C’est le choix le plus courant pour une application de réservation, de fidélité, de terrain ou un outil métier.
- Native (Swift pour l’iPhone, Kotlin pour Android) : deux applications, donc un budget plus élevé. Elle se justifie quand l’application pousse le téléphone à fond : vidéo en direct, Bluetooth, réalité augmentée.
- Application web installable : la solution légère de l’étape 1.
Derrière l’application, il y a presque toujours un serveur et un back-office : les comptes, les données, les notifications, et les écrans où vous changez vous-même la carte ou les horaires. Cette partie invisible fait souvent la moitié du coût d’un gros projet.
Décidez aussi où vivent les données, en Suisse ou dans l’Union européenne, et au nom de qui l’hébergement est ouvert.
5. Développer, tester, publier
Le développement avance par versions d’essai : vous installez l’application sur votre téléphone pendant qu’elle se construit, et vous la corrigez au fil des semaines.
Les comptes des stores s’ouvrent au nom de l’entreprise, dès le début du projet :
- Apple : le programme développeur coûte 99 dollars par an. Une organisation doit fournir un numéro D-U-N-S, qui sert à vérifier son identité, sa forme juridique et son adresse (Apple).
- Google Play : une inscription unique de 25 dollars (Google). Un compte d’organisation exige lui aussi un numéro D-U-N-S (Google).
- Le numéro D-U-N-S se demande gratuitement à Dun & Bradstreet, et l’obtenir peut prendre jusqu’à 30 jours selon Google (Google). Demandez-le avant le début du développement.
Un compte Google Play personnel ouvert après le 13 novembre 2023 doit faire tester l’application par au moins 12 testeurs, inscrits pendant 14 jours d’affilée, avant de la publier (Google). Google réserve cette exigence aux comptes personnels (Google). Ouvert au nom de votre entreprise, le compte garde aussi chez vous la fiche de l’application et ses avis, même si vous changez de prestataire.
L’examen : Apple annonce examiner habituellement au moins 50 % des soumissions en moins de 24 heures, et 90 % en moins de 48 heures (Apple). Une application refusée revient avec la règle en cause, et repart après correction.
6. La faire vivre
- L’entretien : de 5 à 20 % du coût de départ par an, selon les studios suisses. Il couvre les mises à jour qu’imposent les nouvelles versions d’iOS et d’Android, les corrections et la surveillance.
- L’hébergement du serveur : de 50 à 200 CHF par mois pour une infrastructure légère.
- La commission des stores, si l’application vend du contenu numérique comme un abonnement : 15 ou 30 % selon le cas. Une commande de repas ou une réservation chez un physiothérapeute se paie par carte ou par TWINT, hors de cette commission.
- La mesure : combien d’utilisateurs reviennent, quels écrans servent, où ils abandonnent. La deuxième version se décide sur ces chiffres.
Les délais et le budget
Selon les studios suisses qui publient leurs chiffres, consultés le 9 octobre 2026 :
- une première version coûte de 10 000 à 50 000 CHF, en deux à six mois ; les plus rapides annoncent six semaines ;
- une application métier, avec des comptes, un back-office et des liens vers vos outils, de 30 000 à 100 000 CHF ;
- un projet complexe commence entre 50 000 et 100 000 CHF selon le studio, sans plafond.
Un studio qui compte en heures prévoit de 450 à 600 heures pour une application moyenne sur iPhone et Android avec son serveur, soit environ quatre mois.
Deux délais s’ajoutent, à anticiper : le numéro D-U-N-S, jusqu’à 30 jours, et l’examen des stores. Pour comparer des devis sur trois ans, entretien et hébergement compris : comment lire un devis d’application.
Les erreurs qui coûtent le plus
- Tout mettre dans la première version. Chaque fonction ajoutée retarde le jour où de vrais utilisateurs vous disent ce qui compte.
- Des comptes de stores au nom du prestataire. Le jour où vous en changez, récupérer l’application demande sa coopération.
- Oublier le back-office. Sans écran pour modifier la carte ou les horaires, chaque changement passe par le développeur, et se facture.
- Ne pas prévoir l’entretien. Les systèmes changent chaque année, et une application que personne ne met à jour finit par mal fonctionner sur les téléphones récents.
- Comparer des devis qui chiffrent des choses différentes. Exigez le périmètre écran par écran, le serveur, l’hébergement et l’entretien, chiffrés séparément.
Questions fréquentes
Combien coûte la création d’une application pour une entreprise ?
Chez les studios suisses qui publient leurs chiffres, une première version coûte de 10 000 à 50 000 CHF : l’essentiel de l’application, pour la tester auprès de vrais utilisateurs. Une application métier, avec des comptes, un back-office et des liens vers vos outils, coûte de 30 000 à 100 000 CHF. Comptez ensuite de 5 à 20 % du coût de départ par an pour l’entretien, plus l’hébergement du serveur et les comptes des stores : 99 dollars par an chez Apple, 25 dollars une seule fois chez Google.
Combien de temps faut-il pour créer une application ?
De deux à six mois pour une première version, selon les studios suisses qui publient leurs délais ; les plus rapides annoncent six semaines. La description du besoin et la maquette prennent quelques semaines, le développement l’essentiel du temps. Prévoyez aussi le numéro D-U-N-S, exigé par Apple et Google pour un compte d’entreprise, qui peut demander jusqu’à 30 jours, puis l’examen des stores : chez Apple, 90 % des soumissions sont examinées en moins de 48 heures.
Faut-il une application mobile ou un site internet ?
Un site sert à être trouvé et à présenter votre offre ; il suffit quand vos clients viennent rarement. Une application mobile se justifie quand ils reviennent chaque semaine, pour commander, réserver ou suivre un dossier, ou quand elle a besoin du téléphone : appareil photo, position, notifications. Entre les deux, une application web installable s’ajoute à l’écran d’accueil sans passer par les stores, et coûte souvent trois à cinq fois moins cher.
Peut-on créer une application soi-même, sans coder ?
Des outils sans code permettent d’assembler une application simple à partir de modèles, le plus souvent contre un abonnement mensuel. Ils conviennent à un outil interne ou à un premier essai. Leurs limites apparaissent quand l’application doit se relier à votre caisse ou à votre logiciel de gestion, quand les données doivent rester en Suisse, ou quand vous voulez quitter l’outil sans tout refaire. Avant de commencer, vérifiez qui héberge les données et ce que vous pourrez emporter.
À qui appartient l’application une fois livrée ?
À celui que le contrat désigne : lisez-le avant de signer. Il doit vous attribuer le code et les accès à la livraison. Les comptes de l’App Store et de Google Play doivent être au nom de votre entreprise, ce qui garde chez vous la fiche de l’application, ses avis et ses statistiques. L’hébergement du serveur doit être à votre nom, ou transférable sans frais cachés.
Chez Voren
Pour une application, nous dessinons d’abord sa maquette complète, tous les écrans et le parcours qui les relie, gratuitement : vous la parcourez et la corrigez avant de décider. Le devis chiffre ce que vous avez validé, et le prix est fixé avant le démarrage.
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Voir comment nous développons une application mobile, avec trois exemples d’applications dessinées jusqu’au dernier écran.
Une application mobile à Genève : la même démarche pour les entreprises genevoises, en tenant compte de la France voisine.
Combien coûte une application mobile en Suisse en 2026 : les prix publiés par six studios suisses, les frais des stores et l’entretien.